La Palma - Première semaine dans les Canaries

Christophe

La Palma - Première semaine dans les Canaries
Article #sacàdos
Dans cet article sac à dos, nous avons mis plein d'informations super intéressantes et nous y avons raconté notre vie... Du coup, il est un petit peu plus long que d'habitude mais ça vaut le coup ! 😏
Bref, un article #sacàdos est à lire et à relire à ton aise, posé avec un thé glacé !

Après La Réunion, la France et le Portugal, on te raconte la suite de nos aventures et des rebondissements ! Entre départ manqué, retour fusée et arrivée sur l’île, ça va bouger ! 😁

Jour 94

« Comment ça, jour 94 ?! Ils sont passés où tous les jours depuis le 77 et votre retour du Portugal ? » Excellente question ! 🧐 Après le Portugal, nous sommes rentrés à Bruxelles pour refaire nos sacs et passer quelques nuits. Nous sommes ensuite partis vers Paris en TGV d’où nous devions prendre un avion pour le Mexique, le lendemain. Nous apprenons le jour même qu’une allocution va être faite par le président Macron et qu’il risque d’annoncer un confinement complet en France. Nous arrivons à notre hôtel, très chouette hôtel d’ailleurs : la chambre ressemble à une cabine de bateau et la vue donne sur les pistes de l’aéroport d’où nous pouvons voir quelques avions passer. Tout se gère via une tablette, l’intensité de la lumière et sa couleur, la télévision, les stores, etc. Nous regardons le discours du président qui annonce effectivement un confinement strict en France, la fermeture des frontières hors Europe, etc. Tout n’est pas très clair et plus de précisions seront annoncées le lendemain à 18h. Le hic, c’est que nous décollons normalement vers 10h. Nous verrons ce qu’ils disent à l’aéroport demain, nous essayons de dormir un peu.

Le lendemain, nous arrivons à l’aéroport et forcément c’est un petit peu le chaos, tous les voyageurs ont entendu le discours d’hier et les informations ne sont pas très claires. Les employés d’Air France nous donnent le peu d’informations qu’ils ont mais sans aucune certitude, car ils ont appris tout cela comme nous, la veille au soir et attendent plus d’informations dans les jours à venir. Nous comprenons que les vols sont maintenus pour le moment, mais que rien n’est certain pour la suite et que s’il faut rapatrier à un moment donné, cela se fera par liste de priorité et pour les français uniquement… Nous avons à peu près une demi-heure pour prendre une décision, Air France nous propose d’annuler le vol et de nous rembourser les billets, nous préférons ne pas prendre le risque de partir pour le moment.

Forcément déçus et un peu perdus, nous annulons un maximum de choses organisées au Mexique (premiers logement, voiture de location, etc.) et nous essayons de voir si nous pouvons prendre un autre vol vers une autre destination le jour même : toutes les destinations en Europe soit sont confinées, soit n’acceptent pas les Belges pour le moment, soit imposent une quatorzaine d’isolement, soit requièrent un test PCR de moins de 72h que nous n’avons pas. Sur cet échec, nous n’avons pas d’autre choix que de reprendre un billet de TGV pour rentrer sur Bruxelles avant que le confinement s’installe en France et que les déplacements soient interdits.

Suite à cela, nous avons continué à chercher quelle destination pourrait être accessible. Entre-temps, de nombreux pays ont vu leurs cas de COVID augmenter en flèche, certains se sont reconfinés complètement, d’autres sont passés en zone rouge pour la Belgique, etc.

Et donc, jour 94

Après beaucoup de recherches, nous nous sommes arrêtés sur La Palma, petite île espagnole dans les Canaries et dernière zone verte autorisée par la Belgique. Nous partons ce soir, pour faire une escale à Madrid puis nous devrions arriver demain à destination. Il existe normalement des vols directs vers cette île, mais le trafic aérien est forcément ralenti à cause du virus et cela n’est donc plus possible. Ma maman nous conduit à l’aéroport et nous y apprenons que nos bagages sont directement enregistrés pour aller à La Palma et que nous ne les récupérons pas à Madrid, contrairement à ce qu’il nous avait été dit par téléphone la veille… C’est pas grave, nous avions prévu le coup et avions de quoi nous changer dans les bagages de cabine 😉 L’aéroport est vide et un peu triste, tous les magasins sont fermés et il n’y a vraiment pas un chat. Nous passons tous les contrôles très rapidement et nous sommes prêts à partir.

L’avion est relativement plein et le vol se passe sans encombre. Arrivés à Madrid vers 22h, nous présentons notre QRCode de suivi de déplacement et notre température est prise : tout est bon, nous pouvons rentrer en Espagne ! Nous trouvons la navette qui va vers l’hôtel et qui semble déjà bien remplie. Je suis placé à l’avant de la petite camionnette et Marie à l’arrière où le navetteur veut coincer quatre personnes sur la banquette, pas très sécuritaire et certainement pas très COVID. On comprend qu’il espère encore caser quelques personnes pour optimiser au maximum son trajet, mais les gens commencent à s’énerver et, d’après ce que nous comprenons, mettent en avant le fait que tout ça n’est pas très correct pour le COVID. Ils s’engueulent un peu, Marie en profite pour s’extirper de la banquette du fond pour me rejoindre à l’avant et au final, quelques autres personnes sont laissées sur le trottoir pour le trajet suivant et nous partons à toute vitesse vers l’hôtel. Le navetteur est impressionnant, il arrive à conduire à une vitesse folle, au milieu des voies, le téléphone à la main et en s’engueulant toujours avec les gens à l’arrière : quel talent 😅 Arrivés à l’hôtel, nous dormons immédiatement, la nuit sera courte !

Jour 95

On se lève tôt, le réveil sonne à 5h15. L’avion décolle vers 8h et on préfère toujours être bien tôt à l’aéroport, encore plus dans les conditions actuelles. Juste avant de passer les contrôles de sécurité, des policiers interceptent tous les voyageurs et vérifient les billets et cartes d’identité. En voyant notre billet et notre carte d’identité, la policière nous demande pourquoi nous voyageons puis nous dit que le tourisme n’est pas possible en Espagne en ce moment. On avait bien tout lu partout et les Canaries étaient bien ouvertes, puis ça aurait été sympa de nous dire ça à Bruxelles 😅 Elle nous demande notre billet d’arrivée à Madrid, le regarde vite fait et nous laisse passer quand même. On n’a pas trop compris, ça nous a bien réveillé mais en tous cas, on est passé !

Le vol se passe très bien, l’avion est presque vide et nous dormons une bonne partie du vol. Nous voici arrivés sur l’île de La Palma ! Le soleil est là et perce les quelques nuages présents qui s’accrochent dans les hauteurs. Il fait chaud ! 😊

Nous récupérons nos sacs et notre nouvelle voiture de location, une Renault Clio toute neuve dans laquelle les sacs rentrent et mes jambes aussi ! Nous voici sur les petites routes en direction de notre logement qui se trouve de l’autre côté de l’île. Nous découvrons déjà des paysages magnifiques entre océan bleu et montagnes recouvertes de végétation bien verte, nous traversons une partie de la montagne, la tête dans les nuages.

Nous reconnaissons certaines choses, car nous sommes déjà venus à La Palma, il y a un bon paquet d’années mais sous un format complètement différent : un tout combiné all-in. Nous étions alors beaucoup restés dans notre hôtel du côté de Los Cancajos, dans le pôle hôtelier de l’île.

Arrivés près de notre logement à Tazacorte, nous allons jusqu’au port et aux plages et nous nous baladons. On trouve un petit quelque chose à grignoter en admirant la vue, à la fois sur les plantations de bananes (très nombreuses sur l’île) et l’océan.

Nous rencontrons ensuite les parents du propriétaire de notre logement pour les prochaines nuits, il nous avait prévenus qu’il était en déplacement et que nous serions accueillis par ses parents… qui ne parlent pas anglais. Avec les cours d’espagnol de Marie et des gestes, nous nous comprenons et nous découvrons ce joli petit appartement : c’est parfait ! Nous avons même une petite terrasse pour nous et en accédant au toit, il est possible de voir l’océan tout proche et le coucher du soleil. On peut également voir les étoiles. La Palma est un des meilleurs endroits pour les observer car ils ont mis en place beaucoup de choses pour diminuer la pollution lumineuse. Mais ce sera pour un autre soir, nous faisons quelques courses et nous nous reposons de cette journée déjà bien remplie.

Jour 96

Après une bonne nuit, qui nous a permis de récupérer de la courte nuit de la veille (et un peu de nos émotions, il faut le dire), nous nous mettons tranquillement en route pour visiter Tazacorte, petite ville à l’ouest de l’île où nous logerons ces prochains jours. C’est très joli et tout peut se faire à pied ; nous nous perdons dans les petites ruelles qui serpentent entre les maisons colorées et les petites places avec des fontaines. Il fait calme, nous sommes probablement très peu de touristes en cette période sur l’île. Au détour d’une rue, une petite dame nous interpelle en espagnol et Marie parvient à comprendre qu’elle nous demande si nous aimons les bananes. Elle nous demande de la suivre et nous ramène une dizaine de bananes qu’elle nous offre, juste comme ça sans rien en retour. Les gens sont vraiment trop gentils ici et nous la remercions en « espanglais » comme nous le pouvons 😊

Nous ramenons ce cadeau au logement et, comme les bananes sont déjà bien mures, nous cherchons des recettes que nous pouvons faire avec les moyens du bord. Nous partons sur une recette de mugcake, qui demande peu d’ingrédients et pas de moule pour le four : tout se fait dans une tasse et au micro-ondes. Après cette réussite, nous continuons notre balade dans Tazacorte et nous nous retrouvons au milieu des champs de bananiers, il y en a partout.

Nous continuons dans les recettes à base de bananes et nous faisons une confiture de bananes (si si, ça existe et c’est même délicieux !) Nous terminons la journée en découvrant le jeu Among Us avec quelques amis, sorte de Loup Garou qui se joue en ligne. C’est bien fun et vachement pratique : même en étant loin, nous pouvons participer 😊

Jour 97

Nous nous levons assez tôt ce matin, nous avons été contactés par une personne qui veut nous présenter une plateforme dédiée au voyage qui pourrait nous intéresser. Nous n’avons que peu de détails et sommes curieux, donc nous l’appelons via Zoom et écoutons ce qu’elle a à nous dire. Au final, il s’agit d’un système de parrainage qui semble « révolutionnaire » et qui pourrait être intéressant pour certains mais qui n’est pas fait pour nous.

Après un bon petit dèj’ à base de pancakes… à la banane évidemment, nous nous mettons en route vers Santa Cruz de la Palma, de l’autre côté de l’île à l’est. Quand nous arrivons, il y a beaucoup de monde (normal c’est la capitale de l’île) et nous avons un peu de mal à nous repérer dans la ville et à trouver une place, nous changeons de plan et partons plutôt vers le sud de l’île. Cela nous permet de nous rendre compte à quelle point cette île est haute et comme les routes nous emmènent rapidement en hauteur. Ce côté de l’île est plus nuageux et les hauteurs sont souvent dans le brouillard, c’est très beau ! Nous repassons également du côté des gros hôtels et devant celui où nous avions logés quelques années plus tôt – ce que nous ne referions probablement plus aujourd’hui car nos attentes en voyage ont bien changé 😊

Après une bonne pizza, nous arrivons aux Salinas de Fuencaliente qui sont situées dans un parc naturel et protégé, à l’extrême sud. Cette partie de l’île est constituée de coulées de lave probablement plus récentes car il n’y a aucune végétation et la roche volcanique est toute noire. Même les routes semblent avoir été faites à base de cette roche. Dans tout ce noir, il y a les salines qui tranchent avec la couleur rosée de leurs marais et le blanc de leurs tas de sel. Une petite balade est possible autour des marais salants et offre une belle vue sur l’océan.

En repartant, nous passons par des rues plus petites et moins empruntées qui nous baladent entre les énormes plantations de bananes, c’est très impressionnant.

Jour 98

Ce matin, nous réitérons notre tentative de visiter la capitale de l’île et nous avons pris soin de repérer où nous parquer. Nous arrivons donc rapidement à Santa Cruz de La Palma et trouvons une place facilement, en dehors de la ville. Même s’il fait assez gris, la chaleur est présente et pour un mois de novembre, c’est franchement pas si mal !

Santa Cruz de La Palma est une petite ville en bord d’océan centrée autour de deux grands axes parallèles : l’Avenida Maritima qui, comme son nom l’indique, longe l’océan, la plage et possède quelques belles petites maisons typiques, colorées avec leur balcon en bois ; et la Calle O’Daly, une rue piétonne qui contient des petits magasins, de jolies petites places avec restaurants et cafés. La balade est très agréable mais rapide.

Le chemin du retour vers notre logement grimpe bien, tellement que nous passons à travers la couche de nuages. Un peu plus loin, un point de vue du Mirador de la Cumbre nous permet de voir un bout de l’île d’en face au-dessus ces nuages.

Nous passons l’après-midi sur la plage. A La Palma, il n’y a pas de plage de sable blanc et fin, c’est une île volcanique et l’une de ses particularités est que le sable est noir ! C’est assez déroutant, mais plutôt sympa en cette saison : le sable retient bien la chaleur et on a l’impression d’étendre notre essuie sur un sol qui a été préchauffé 😊

Nous terminons la journée dans un restaurant mi-argentin, mi-canarien où nous sommes très bien reçus et où le patron prend le temps de nous expliquer, en anglais en plus, les spécialités de viandes et autres d’Argentine ou des canaries. Le menu se composent de petits pains accompagnés de sauces typiques argentines, de délicieuses empanadas, du plat de viande et de sa purée (c’est un restaurant grill et il ne propose pas de légumes en accompagnement. Si tu aimes la verdure, la salade est disponible :D) et nous terminons par gouter, en dessert un Polvito Palmero (sorte de tiramisu à base de Dulce de Leche) et un Barraquito (un latte macchiato avec du lait concentré et un peu de liqueur 43). Le tout attablé dans la cour intérieure du restaurant, en plein air et avec vue sur le grill. Très agréable et délicieux !

Jour 99

Le soleil brille aujourd’hui, c’est une belle journée pour une petite randonnée dans le Parc National de la Caldeira de Taburiente (et puis, ça nous fera un peu de sport pour éliminer l’excellent restaurant d’hier) ! Il s’agit d’une énorme fente, au centre de l’île entourée d’un cercle rocheux et de points culminants. Nous commençons par une petite randonnée pour se remettre en jambes. C’est une belle balade sur des sentiers qui nous rappellent un peu la Réunion. Les points de vue sont sublimes et vertigineux et nous ne croisons personne sur le sentier. Heureusement, car à certains endroits, il aurait été très difficile de se croiser.

Jour 100

Waouh, déjà jour 100 ! Ça passe vite ! Presque 1/3 de voyage et nous avons l’impression d’être partis hier 😊 En tous cas, nous voulions l’aventure et l’imprévu et je pense qu’on peut déjà dire qu’après 1/3 de voyage nous en avons déjà eu 1000x plus que ce que nous espérions 😆 D’ailleurs, nous comprenons ce matin que le plan que nous avions pour la suite ne pourra pas se faire, ou en tous cas pas aussi facilement que prévu… Mais est-ce qu’à ce stade on peut encore appeler ça un plan ? 😁

Bref, jour 100, nous commençons cette journée par des pancakes à la bananes (il nous en reste encore un sacré paquet !) et aux pépites de chocolat. Ce matin, le propriétaire du airbnb doit passer voir l’appartement avec des associés, nous sommes donc un peu coincés et nous en profitons pour faire les tâches ménagères nécessaires.

Après à la visite, nous nous mettons en route vers la plage et, en arrivant, nous remarquons qu’elle semble fermée : de grands vents et de la pluie sont annoncés dans les prochaines heures et par mesure de sécurité, les plages ont été fermées. Effectivement, les vagues ont l’air vraiment fortes et recouvrent, à certains endroits, toute la plage jusqu’à la digue. On en profite pour se promener un peu et on va voir le port. On termine la journée en lisant dans la petite cour du airbnb (avec quelques lézards) 😊

Jour 101

Aujourd’hui, nous partons à la découverte de la partie nord de l’île ! Sur la route, nous remarquons à quel point la météo peut être différente à seulement quelques kilomètres : nous quittons Tazacorte sous un ciel voilé et nous passerons par un temps gris, presque pluvieux, plus loin terriblement brumeux où on ne voit plus rien, puis à un temps nuageux mais ensoleillé pour arriver enfin à un ciel complètement dégagé. Nous avions parfois cela à La Réunion aussi, mais sur une distance plus grande, ici cela change vraiment en quelques minutes. La route suit le flanc de la montagne et est donc très sinueuse, elle change également constamment d’altitude et enchaine les montées puis les descentes. Heureusement, nous avons une bonne petite voiture qui tient bien la route 😊

Nous suivons la route principale puis nous engageons sur une plus petite route qui continue à prendre de la hauteur jusqu’à arriver au Mirador de Los Poleos au niveau duquel la route est barrée. C’est pas grave, il y a un sentier de randonnée qui part de là et nous le suivons sur quelques kilomètres. A La Palma, il est possible de rejoindre la plupart des villes et villages, voire même de traverser complètement l’île de bout en bout en suivant des sentiers qui sont très bien balisés. Nous n’en sommes pas encore là, mais suivre une partie du chemin est déjà très agréable, la chaleur n’est pas trop écrasante et le soleil est bien présent à travers les branches des arbres. Il fait calme et nous ne croisons personne sur notre petit bout de chemin, ni sur le retour vers la voiture. Nous redescendons ensuite par la route principale pour continuer notre tour de l’île.

Nous arrivons, en fin de journée, aux Piscinas de La Fajana, piscines naturelles d’eau de mer. Elles sont fermées car elles ne sont accessibles qu’en semaine, hors saison. L’endroit est donc calme et plutôt vide. Nous pouvons profiter de la vue sur l’océan et ses énormes vagues, d’un bleu profond. Le soleil se couche et donne à la scène une superbe teinte.

Nous nous mettons en route pour rentrer et, petit à petit, la pénombre gagne du terrain rapidement, ce qui est accentué par le fait que les routes ne soient presque pas éclairées, toujours dans l’optique de diminuer la pollution lumineuse émise et faciliter l’observation des étoiles. Nous en apercevons quelques-unes sur le chemin du retour, mais les nuages sont de la partie.

Déjà une semaine passée sur cette île et ce que nous avons pu en voir nous a ravi ! Vivement la suite ! 🥳