Ek Balam, Cenote Suytun, Chichen Itza et Valladolid
Christophe
Article #sacàdos
Dans cet article sac à dos, nous avons mis plein d'informations super intéressantes et nous y avons raconté notre vie... Du coup, il est un petit peu plus long que d'habitude, mais ça vaut le coup ! 😏Bref, un article #sacàdos est à lire et à relire à ton aise, posé avec un thé glacé ou un chocolat chaud !
Avril 2021. Suite de notre roadtrip à travers le Mexique, ses villages et ses ruines.
Jour 253 - Arrivée à Valladolid et marquesitas
On récupère la voiture, qui nous a attendu sagement et qui s’est pris une petite couche de poussière. Et on fait route jusque Valladolid, toujours aussi étonnés de longer autant de végétation et de passer uniquement par des petits villages où il n’y a presque rien, à part des taxis motos, des petites échoppes qui semblent vendre des boissons (le signe Coca-Cola est partout), des petits vendeurs de pommes, de cocos frittos, d’aguas fruits…
Et des policiers ! On se fait arrêter à un barrage de contrôle policier. Il nous demande « Chichen Itza ? » On lui répond « Valladolid ». Il nous demande ensuite d’ouvrir la fenêtre arrière pour jeter un œil à la voiture puis nous dit « OK » et on passe. On avait pas mal lu d’informations sur les barages routiers, fréquents ici et celui-ci était plutôt facile à passer 😊
On arrive à Valladolid et ça n’a plus rien à voir avec Holbox ! Ici, on sent directement l’ambiance de la ville, il y a du trafic, des klaxons, du bruit, du monde un peu partout. On se trouve une place de parking et nous voici à la recherche d’une banque. Contrairement aux USA où on payait le moindre centime par carte (encore plus encouragé avec le COVID), ici beaucoup d’établissements n’acceptent que le cash. Une fois qu’on le sait, pas de problème, on prévoit toujours un petit peu à l’avance 😉
On retire de l’argent et on se rend à notre hôtel pour les 3 prochaines nuits. La chambre n’est pas bien grande, ni très stylée mais il y a un lit, une table et 2 chaises, un évier, un frigo, une douche et une toilette, de l’air-co et même 2 fenêtres. Ce sera parfait, surtout pour l’équivalent d’une cinquantaine d’euros seulement pour 3 nuits !
On se met à la recherche d’un petit magasin pour acheter des trucs de bases et on trouve une petite épicerie de quartier où on trouve du lait, de quoi boire mais pas vraiment de quoi manger… On retourne vers la place principale où il y a un peu moins de monde que tout à l’heure. Les gens discutent, profite de l’air un peu plus frais de la soirée et des quelques petits vendeurs ambulants. On fait le tour de la place pour voir ce qu’ils proposent et vu la file qu’il y a devant les marquesitas, c’est que ça doit être délicieux : on se laisse tenter. On en prend une au queso (fromage – classique) et une autre à la fraise – mange – lait concentré… une tuerie !! Le tout pour un total 1.5€ seulement… On commence vraiment à se dire qu’on va pouvoir bien manger sans exploser notre budget ici !
On retourne vers le logement et on passe devant une petite vendeuse de glace qui a l’air bien seule, on lui prend une glace menthe – citron, délicieux et Marie fait toute la conversation en espagnol ! La classe !
Jour 254 - Calzada de Los Frailes et ruines d’Ek Balam
On se réveille vers 8h30 et il fait déjà bien chaud dans la chambre ! On déjeune avec des Kellogg’s et du lait, simple et efficace !
On part ensuite se balader dans cette ville de Valladolid. On voit vraiment aisément qu’il y a plusieurs quartiers, probablement construits à des époques différentes : autour de notre hôtel, les maisons sont plus modestes, construites en briques. En remontant vers la place principale, les bâtiments arborent un style colonial, ils sont plus haut, mieux préservés et beaucoup plus colorés. On emprunte ensuite la fameuse Calzada de Los Frailes, longue rue bordée de maisons colorées qui amène à l’église-couvent franciscain de San Bernardino de Siena. Cette importante rue historique du 16e siècle a été construite pour relier la ville indienne de Sisal avec le centre de Valladolid. Elle contient également encore un exemple de maison traditionnelle maya. Cette rue et son histoire sont donc préservées et les bâtiments ont été restaurés récemment.
Sur la place calme qui s’étend devant l’église, on retrouve le signe de la ville de Valladolid. Chaque ville (d’une taille minimale) a un signe à son nom avec les lettres peintes de couleurs et de dessins représentants un peu la ville. On avait déjà aperçu celui de Cancun et on ne logeait pas loin de celui d’Holbox.
Un baptême semble avoir lieu dans l’église, les gens sont magnifiquement bien habillés, surtout quand on regarde notre style de voyageur… même short et t-shirt depuis quelques jours, c’est une autre mode 😊
Après une petite pause sur des bancs à l’autre, on fait chemin inverse dans la Calzada de Los Frailes et on revient vers la place centrale de Valladolid pour acheter une agua de frutas à l’orange. Délicieux et terriblement rafraîchissant !
On reprend la voiture et on passe acheter un peu de nourriture et des boissons fraiches, puis direction la zone archéologique de Ek Balam. C’est notre première zone archéologique maya, on est curieux et on ne sait pas trop à quoi s’attendre. On a néanmoins lu quelques informations pour savoir un peu les prix, les astuces, etc. Comme on l’avait lu, quelques personnes sont là, sur le parking pour nous dire qu’ils vont « jeter un œil à la voiture » contre quelques sous et que c’est un peu le prix du parking. On décline la proposition, rien d’obligatoire ici – c’est un business comme un autre. Le prix de l’entrée est beaucoup plus élevé que ce que nous avions lu car, au prix effectif d’entrée, s’ajoute une énorme taxe de l’état du Yucatán… en plus, il est uniquement possible de payer en cash. On avait pris un peu plus, mais ça nous a un peu refroidis quand même… On passe le chemin d’entrée qui mène à la zone et sur lequel se trouve quelques petits vendeurs de souvenirs et des « vrais » mayas qui font une cérémonie contre quelques billets. On est toujours un peu méfiants ici, difficile de savoir si l’artisanat est authentique, autant que les cérémonies mayas à vendre. Heureusement, les ruines sont impressionnantes et effacent vite tout cela. Le site comprend de nombreux édifices et ils sont visitables très librement. Il est ainsi possible de se balader sur les pyramides, d’autres sont visitables de l’intérieur (souvent des sortes de chambres, petites pièces rectangulaires, vides).
On y rencontre deux vloggeurs américains qui viennent de se lancer dans un voyage de 3 ans… drôle de moment pour faire ça, mais on ne peut pas le leur reprocher, on s’est un peu lancés dans ce projet fou en pleine pandémie aussi 😉
Nous arrivons face à la structure la plus imposante et la plus impressionnante du site : l’Acropole ou la Torre (la tour) s’étend face à nous et nous présente ses nombreuses marches permettant d’accéder à son sommet, 30 mètres plus haut. Arrivés en haut, non sans mal dans cette chaleur, le ciel se dégage et un grand soleil commence à briller. La vue est aussi magnifique que le bâtiment, c’est vraiment très impressionnant. La descente est raide, et pas forcément plus simple que la montée 😊 De nombreuses sculptures de pierres ornent les murs et finissent de donner un aspect magique au lieu. En faisant le tour de cette pyramide, on tombe sur un oiseau à la queue vraiment longue et étrange, comme si elle était coupée en deux : un motmot. On croise un peu plus loin un iguane qui paresse au soleil. Et on en croisera d’autres, sur les autres structures et les autres temples que nous avons grimpés. Dans cette chaleur étouffante, nous avons besoin d’eau et d’air-co, on retourne vers le parking et la voiture.
En revenant vers Valladolid, on repasse au magasin faire des courses un peu plus grosses pour les prochains jours avant de rentrer pour boire un peu, se rafraîchir et se doucher un peu et faire une lessive.
On ressort un peu plus tard quand il fait plus frais au même endroit qu’hier pour une délicieuse glace, cette fois-ci au gout fior di latte.
Jour 255 - Cenote Suytun et Chichen Itza
Ce matin, on se lève tôt : une grosse journée nous attend et comme tous les blogs et guides suggèrent d’être à l’ouverture de certains sites touristiques, on va essayer de viser ça aujourd’hui, au moins pour notre première visite 😊
Après le petit-déj, on prépare les sacs pour la journée et on enfile nos maillots : oui, ce matin nous allons nous rendre à notre premier cenote ! Nombreux dans la péninsule du Yucatán et particulièrement de ce côté-ci, les cenotes sont ces fameux gouffres remplis d’eau douce. Certains sont à ciel ouverts, d’autres sont dans des grottes fermées. Ils avaient une signification symbolique pour les mayas et sont aujourd’hui gardés précieusement ou exploités par des locaux pour servir de piscine naturelle… pratique pour se rafraichir quand la mer n’est pas toute proche 😊
La bonne nouvelle, c’est qu’à cette heure-ci, il fait presqu’encore frais et on peut rouler les fenêtres ouvertes, c’est super agréable ! 😊 On est donc sur la route pour le Cenote Suytun, probablement l’un des plus touristiques de la péninsule du Yucatan mais également l’un des plus beaux, à ce qu’on dit.
On arrive rapidement sur place et on voit quelques voitures sur le parking, et quelques personnes qui font la file : l’endroit n’est pas encore ouvert, on est bien à l’heure, c’est parfait ! Quelques minutes plus tard, nous pouvons rentrer et prendre les tickets. Juste à côté, il y a un énorme pan qui frime de toutes ses plumes sur le toit du bâtiment, c’est déjà superbe comme endroit 😉 Avec nos tickets, nos gilets de sauvetage (obligatoires pour nager dans le cenote), nous traversons le domaine pour arriver jusqu’à l’escalier qui descend dans la grotte. En bas, on a une vue plongeante directe sur le cenote : c’est vraiment superbe. L’eau est claire et quelques poissons-chats nagent, la plateforme est bien visible malgré qu’elle soit immergée, cela arrive en cas de pluies récentes, la grotte est éclairée juste ce qu’il faut, c’est vraiment beau. On se met en maillot et on fait la file pour faire notre petit photo, l’endroit est devenu particulièrement connu après l’ajout de cette plateforme et grâce à Instagram. L’eau est fraiche, une vingtaine de degrés, mais ça fait vraiment du bien ! On reste à barbotter au milieu des poissons chats pendant presque une heure. En plus, on peut se laisser flotter grâce aux gilets de sauvetage, c’est plutôt relaxant 😊 En partant, on voit que le soleil commence à rentrer par le trou dans le plafond du cenote, ça crée une belle tâche de lumière dans l’eau. Les touristes viennent souvent, par cars entiers, vers midi, quand le soleil est au zénith et crée un gros rayon de lumière sur la plateforme. On n’a pas eu cet alignement (on le savait), mais nous avons eu le cenote presque pour nous tout seul et ça c’est encore plus cool !
On prend une douche, en évitant la centaine de moustiques qui pullulent dans les douches et on se rhabille avant d’aller voir le second cenote, inclus avec notre billet d’entrée. L’eau est ici un peu moins belle, mais des arbres ont pris racine à l’intérieur et le toit est beaucoup plus ouvert, c’est beau les cenotes quand même. La péninsule du Yucatan en cache plus d’une centaine, on espère pouvoir en faire d’autres 😊
Après cette première pause rafraichissante, on est d’attaque pour entamer l’un des autres endroits les plus touristiques du Yucatan : les ruines de Chichen Itza. Inscrites à l’Unesco et déclarées l’une des 7 nouvelles merveilles du monde, elle attire énormément de visiteurs mais nous sommes prêts à y faire face. Encore une fois, tous les blogs et les guides conseillent d’y être à l’ouverture, pour éviter la foule, les petites échoppes de vendeurs et la chaleur… nous verrons bien !
Après une route où à chaque village et chaque casse-vitesse, des personnes s’approchent de la voiture ou fond signe de s’arrêter pour vendre des chapeaux, de l’artisanat, de la nourriture, des boissons ou proposer ses services de guides pour les ruines, on arrive au parking vers midi. Le parking est effectivement très rempli mais on se trouve une petite place. On grignote quelques trucs et on boit de l’eau avant de se lancer à l’assaut des ruines. Pendant ce temps, on a l’impression que le parking se vide un peu, des cars récupèrent de grands groupes de touristes, ça nous motive encore plus ! Après avoir fait la file, décliné quelques propositions de guides, payé 2 fois (d’un côté le prix du billet, de l’autre les taxes pour l’état) et s’être fait recalés une première fois pour un bout de cake dans mon sac (la nourriture est interdite, mais qu’en est-il de la petite fringale pendant la visite ? 😊), on accède enfin à la zone archéologique ! On passe les premières échoppes d’artisanat et on débouche sur le Castillo, la grande pyramide centrale, l’élément le plus connu de la zone. Il y a effectivement pas mal de monde autour, mais nous nous attendions à bien pire ! Quelques groupes ont pris des guides et on les voit taper des mains, bien en face d’un des escaliers, pour tester la résonnance étonnante de la pyramide.
Dès qu’on quitte la pyramide centrale pour aller voir les nombreuses autres structures qui composent la zone, il y a instantanément moins de monde… on se retrouve même souvent tout à fait seuls face aux édifices pour ceux qui sont les plus loin, il est fort probable que les groupes qui viennent en cars ne s’arrêtent qu’au plus proches et plus connus et ne parcourt pas toute la zone. On peut les comprendre aussi, elle est immense et il fait vraiment très très chaud. Néanmoins, on la visite à notre aise, en vidant nos réserves d’eau petit à petit. Les ruines sont vraiment très nombreuses (on s’y perd, malgré le plan) et vraiment bien conservées. Contrairement à ce qu’on a pu vivre à Ek Balam, il est interdit de toucher ou de grimper sur les ruines ici, ce qui nous rassure un peu sur les efforts de préservation de ce lieu historique.
Pendant quasi toute la visite, il faut prendre des petits chemins pour rejoindre un bâtiment ou une zone un peu plus loin. Ceux-ci sont parsemés d’échoppes d’artisanat et on se rend bien vite compte qu’ils vendent quasi tous les mêmes objets ou en tous cas, très similaires… On se pose un peu la question de l’origine de ces objets. Les prix annoncés sont vraiment peu chers (en général 1$US par petit objet, parfois 2 ou 3 pour 1$US) et certaines pièces sont vraiment sympas, mais on ne sait de toutes façons pas ramener grand-chose et on préfère trouver des souvenirs dans des endroits un peu moins touristiques et probablement plus authentiques.
On ressort de Chichen Itza vraiment heureux de l’avoir fait, on hésitait tellement tout le monde semblait dire qu’il y avait énormément de monde… Touristique, c’est certain mais beaucoup moins qu’on se l’imaginait et cela sans forcément venir à l’aube 😉
On rentre vers le logement pour se reposer et se rafraîchir un peu, ravis de la journée et des merveilles qu’on a pu voir aujourd’hui 😊
