Guadeloupe - épisode 3 : distillerie, Petite-Terre, Histoire & nettoyage de plage

Christophe

Guadeloupe - épisode 3 : distillerie, Petite-Terre, Histoire & nettoyage de plage
Article #sacàdos
Dans cet article sac à dos, nous avons mis plein d'informations super intéressantes et nous y avons raconté notre vie... Du coup, il est un petit peu plus long que d'habitude mais ça vaut le coup ! 😏
Bref, un article #sacàdos est à lire et à relire à ton aise, posé avec un thé glacé ou un chocolat chaud !

Prêt(e) pour ce troisième épisode en Guadeloupe ? C’est partiiii ! 😁

Jour 130

En Guadeloupe, il y a de nombreuses distilleries, le rhum étant ici produit en quantité grâce à la présence en masse de plantations de cannes à sucre. Nous avons repéré une petite distillerie artisanale, la Distillerie Montebello et nous nous mettons en route vers celle-ci !

En arrivant à la distillerie, nous cherchons un peu pour trouver où nous garer, on est loin des distilleries qui sont devenues très commerciales avec un grand parking visiteur, ça sent l’authenticité à plein nez (et un peu la canne à sucre aussi 😉). Nous sommes très bien reçus et nous voici partis pour une visite vivante, décalée, bruyante (on apprendra que c’est la seule distillerie en pleine activité à cette période de l’année) et ultra intéressante ! Nous passons vraiment entre les machines en plein fonctionnement, dans la chaleur de leurs moteurs, pour certains très anciens, la vapeur de leur fonctionnement, assez impressionnant ! La visite est ponctuée de petites anecdotes sympas et nous apprendrons que notre guide, en plus de travailler dans cette distillerie, est membre du seul groupe de punk guadeloupéen (et évidemment du meilleur !), The Bolokos. Ils ont d’ailleurs sorti une édition très limitée d’un rhum au nom du groupe entièrement vendue en moins de 2h.

Après une petite dégustation en toute modération, nous nous mettons sur le chemin du retour pour rentrer écouter quelques morceaux du groupe.

Après un petit call pour l’organisation des prochains jours et de notre prochaine destination, on profite une dernière fois de la proximité directe de la plage et de ses vagues (bien fortes aujourd’hui) : nous quittons ce logement demain déjà !

Jour 131

Ce matin, nous quittons donc notre logement, ainsi que ses colibris et sa plage si proche. Petit pincement au cœur, comme toujours, mais nous savons que la suite à venir s’annonce tout aussi excitante ! Avant de repartir, la propriétaire du logement nous distille ses conseils pour profiter comme il faut de Grande-Terre, l’autre aile du papillon formé par les deux îles principales de Guadeloupe.

C’est un jour bien pluvieux et les cours d’eau sont bien montés à certains endroits et fleurtent avec les ponts ou débordent un peu sur la route.

On arrive au logement suivant, que nous avions déjà visité. Bonne surprise, on est « surclassés » dans le bungalow le plus grand parce que des voyageurs réguliers reviennent et ont l’habitude d’être dans le bungalow le plus petit… on ne va pas se plaindre ! 😊

On s’installe tranquillement, puis on descend vers la plage de Sainte-Anne, déjà plus fréquentée qu’il y a deux semaines, sur laquelle nous mangeons un bon gros bokit.

Jour 132

Levés avant le soleil, nous nous mettons en route en direction du port de pêche de Saint-François. Ce matin, nous avons rendez-vous avec Nicard et son bateau « Poul’do » tout rose, qui vont nous emmener à la Réserve Nationale de Petite-Terre. Cette fois-ci, pas question de rater le bateau, on est partis bien tôt… et on n’a eu aucun bouchon, donc on arrive bien à l’avance, le soleil se lève à peine sur le port. Cela nous laisse le temps de déjeuner tranquillement avant de rejoindre le bateau.

Nous trouvons notre capitaine et guide de la journée, le reste du groupe arrive et après un rapide briefing, nous voici à bord du Poul’do à longer la côte vers la Pointe des Châteaux, en passant près du rocher qu’on appelle « La Douche », mais la mer est tellement calme aujourd’hui que ça ne douche pas beaucoup.

Sur le chemin vers Petite-Terre, le bateau choppe une bouée de filet de pêche qui s’emmêle dans son hélice. Nicard arrête le bateau et démêle le tout pour pouvoir libérer les moteurs. Le problème… c’est qu’ils ne redémarrent pas. Et voilà que Nicard nous fait le coup de la panne, si proche du but, on voit Petite-Terre au loin ! Après quelques minutes et quelques tentatives, les moteurs repartent enfin, on va pouvoir terminer la traversée.

Nous arrivons à Petite-Terre. Cette réserve naturelle est composée de deux îles : Terre-de-Haut, complètement interdite au public car elle est le lieu de niche de beaucoup d’oiseaux et Terre-de-Bas, près de laquelle nous nous arrêtons… Et oui, les bateaux n’ont pas le doit d’accoster, il faudra donc descendre dans l’eau (jusqu’au thorax) et les sacs sur la tête 😊 A peine arrivés, on voit quelques beaux poissons s’approcher du bateau, dans l’eau transparente… Le snorkeling s’annonce assez exceptionnel ici !

Après un briefing de ce qui est permis ou non (réserve naturelle oblige), de l’organisation de la journée et de ce qu’il est possible de voir, nous nous mettons en route pour faire un petit tour de l’île et aller jusqu’au phare. Le début du chemin longe la plage et nous regardons curieusement le bord de l’eau : il parait qu’on peut y voir des bébés requins citron… Et nous en voyons un ! Notre premier requin observé en milieu naturel !! Il mesure moins d’un mètre, il est peureux (très difficile à observer sous l’eau tellement ils évitent les humains) et complètement inoffensif, mais voir ce petit requin est clairement un grand moment !!

Nous continuons notre balade vers le phare et entrons un peu plus vers le centre de l’île, peuplée de nombreux iguanes. Ils sont partout : au sol, sur les arbustes, au milieu du chemin, ils déguerpissent maladroitement quand on arrive mais surtout, ils profitent du soleil qui tape bien. Terre-de-Bas n’est pas très grande, en tout cas la partie autorisée et facilement accessible, et la balade dure moins d’une heure mais les vues sur l’océan sont magnifiques.

Nous revenons vers la plage et enfilons nos masques pour notre première session de snorkeling de la journée. A peine avons-nous la tête plongée dans l’eau que nous voyons des petits poissons, mais surtout une raie ! Décidemment, c’est la grande journée des premières fois : requin citron, iguanes et raie – tant d’animaux que nous n’avions jamais eu la chance d’observer en milieu naturel.

Même si cette raie n’est pas très grande, elle n’en reste pas moins impressionnante car sa queue est longue et peut contenir un dard. Nous n’approchons pas trop et continuons plus loin, la visibilité est vraiment excellente et nous tombons sur un trio de tortues, une grande et deux plus petites. On avait déjà eu de franches émotions en trouvant une tortue à Malendure, mais en voir trois en même temps, ici à Petite-Terre décuple encore plus ce sentiment ! Nous continuons et voyons quelques coraux, poissons et d’autres tortues (où serait-ce les mêmes ?). Le plus intimidant reste notre rencontre avec un barracuda probablement long de plus d’un mètre, nous observant en nous montrant ses petites dents.

Après cette première session de snorkeling, nous avons faim ! Nicard a préparé un bon repas pour tout le groupe : riz bien assaisonné, thon mariné et grillé, ignames et bananes et en dessert, bananes sucre-citron. Le tout accompagné de jus, de punch planteur ou de rhum au sirop de maracudja.

Rassasiés, nous entamons notre seconde session de snorkeling, cette fois-ci dans la « passe », donc entre les deux îles. Il y a plus de courant et la visibilité est moins bonne mais il parait qu’on y voit des tortues plus grandes et ça ne manque pas ! On tombe vraiment nez à nez avec elles vu notre visibilité réduite (mais toujours avec un maximum de distance pour ne pas les ennuyer). On voit une raie encore plus grande que ce matin et encore plus flippante et des mues de langoustes.

Nous revenons dans les eaux plus calmes près de la plage de ce matin et nous continuons à snorkeler pour revoir à nouveau raies et tortues. Nous terminons en profitant de la chaleur de l’eau et du soleil, tout en discutant voyage avec les autres personnes du groupe, avant de repartir en bateau (sans panne, cette fois-ci), puis reprendre la voiture et rentrer.

Nous comptions sur une bonne douche bien chaude pour nous remettre de cette journée… eh ben non, coupure d’eau (courant[e] dans cette partie de l’île) ! Ce sera donc un rinçage exprès à l’eau de pluie froide 😉

Jour 133

Aujourd’hui nous partons à la découverte de Grande-Terre et nous commençons par Morne-à-l’Eau et son cimetière reconnaissable : la plupart des caveaux sont recouverts de carreaux blancs et noirs. Ce cimetière est très grand et a été construit sur une petite colline, il est donc visible d’assez loin.

Nous continuons ensuite notre route vers Petit-Canal, petit village assez typique et peu touristique. Nous décidons d’y chercher à manger et c’est chose pas facile. Nous nous décidons pour un café qui propose un plat à emporter pour 5€. La rue est très petite et il y a peu de passage, la devanture du café est assez vieille et un baffle crache du Charles Aznavour à fond de balle. On rentre par la porte ouverte et on arrive dans une toute petite pièce où 6 « anciens » sont assis et nous regardent. Il ne doit pas y avoir souvent de touristes qui s’arrêtent ici 😉 Parfait, difficile de faire plus local !

On commande un plat à emporter, riz aux légumes et poulet grillé, qui se révélera être un petit délice et nous quittons tout ce beau petit monde pour aller le manger près du port du pêche. Nous trouvons un petit endroit à l’ombre où nous arrêter. Après 15 secondes, quatre chats viennent rôder autour de la voiture pour voir s’il n’y a pas un petit quelque chose pour eux 😊

Après ce bon repas, nous nous dirigeons vers les « Marches des Esclaves », escalier en pierre face au port et menant vers la place où avait lieu les ventes d’esclaves. L’escalier aurait été construit à l’abolition de l’esclavage et porte des inscriptions des noms des ethnies africaines.

Nous continuons ensuite vers l’ancienne prison, maintenant en ruine et dans laquelle la nature a repris ses droits. Un arbre géant y a pris racine et s’est étendu à travers les pièces. Cela donne une beauté sauvage et une ambiance assez singulière au lieu.

Nous laissons Petit-Canal derrière nous et continuons notre route vers la Plage du Souffleur à Port-Louis. Nous repérons les lieux pour y revenir une prochaine fois avec notre matériel de snorkeling, il y a ici une petite barrière de corail que nous viendrons découvrir plus tard.

Nous revenons vers Sainte-Anne et passons la fin de la journée à la Plage du Bois Jolan, sur laquelle nous avions déjà eu l’occasion de nous arrêter au tout début de notre séjour.

Jour 134

Petite journée plus cool, on retourne du côté de la plage de Bois Jolan où nous restons la matinée, jusqu’à se faire surprendre par une averse assez forte.

On repère un foodtruck québécois, qui nous rappelle notre bonne poutine mangée plus tôt… mais ils n’ont de québécois que le nom, aucune spécialité québécoise n’est proposée. Tant mieux, nous ferons des économies et mangerons au logement 😉

L’après-midi file et est surtout consacrée à la préparation des prochaines semaines et de notre prochaine destination.

Nous terminons la journée sur la grande plage du Bourg de Sainte-Anne, accompagnés d’un excellent sorbet coco, pris chez une petite dame qui semble être la « number one » de cette spécialité et qui est passée dans plusieurs émissions TV françaises (Echappées Belles, Thalassa…). Ce number one est déjà notre troisième sorbet coco éjà et il est à nouveau différent : un goût d’amande plus prononcé mais toujours aussi délicieux et rafraîchissant !

Nous sommes vendredi soir, départ officiel des « vacances d’hiver » ici et en France et la plage est plus remplie et plus animée. Une bonne ambiance de zouk, de beach volley et de coucher de soleil souffle sur cette plage 😉 Pendant que je vais me baigner quelques minutes, Marie se fait aborder par une vendeuse de noix de coco caramélisées et elle peut goûter, il parait que c’est un pur délice mais nous n’avions pas de cash pour en prendre 😟 J’espère pouvoir goûter ça bientôt !! 😊

Après cette journée, une bonne douche bien méritée… mais pas d’eau chaude ! Ce sera à l’eau froide 😉

Jour 135

Un nouveau réveil à l’aube pour nous aujourd’hui, nous avons de la route jusqu’à la plage de Grande Anse de Trois-Rivière (oui, plusieurs plages s’appellent Grande Anse, en Guadeloupe, il ne faut pas se tromper 😉). Après un peu plus d’une heure de route, heureusement sans bouchon, nous arrivons sur la plage de Grande Anse. Il s’agit d’une plage volcanique et son sable est donc noir (petit souvenir de La Palma).

Nous retrouvons Alice, de l’équipe de Kap Natirel que nous avions déjà eu l’occasion de rencontrer la semaine passée, qui nous explique un petit peu la plage (qui est une grande plage de pontes pour les trois familles de tortues en saison), les environs et comment cela se passe. Nous attendons la suite du groupe, des amis d’Alice fraichement débarqués en Guadeloupe pour y rester. Un autre groupe de bénévoles devait arriver, mais nous ne les verrons jamais. Pas grave, ceux qui sont là sont motivés et nous démarrons sans tarder ce nettoyage de plage !

Butin du jour : canettes, bouteilles en verre (dont certaines qui devaient être là depuis un sacré bout de temps vu leur design) ou en plastique, des mégots (fumer tue et pas que les fumeurs), pailles, t-shirts, une marmite… et les grandes nouveautés de 2020 : bouteilles de gel hydroalcoolique et masques de protection.

On comprend rapidement pourquoi le nettoyage commence si tôt, le soleil tape de plus en plus fort et il fait de plus en plus chaud ! Après deux bonnes heures de ramassage de déchets, nous nous arrêtons pour quelques photos de l’équipe et du butin ramassé ; il doit y en avoir pour facilement 50kg de déchets. La presse locale arrive même pour une petite photo de l’équipe et quelques questions à Alice et à la présidente de Kap Natirel qui est passée nous voir et nous remercier. On est fatigués, on a chaud, mais on est contents et fiers d’avoir donné de notre temps pour cette action : on profite tellement des belles plages et de la vie sous-marine ici qu’il nous semblait important qu’on essaye que la nature puisse un peu profiter de nous aussi !

On rentre vers Sainte-Anne, avec un peu plus de bouchons sur la route cette fois-ci et on s’arrête à la rôtisserie où nous avions pris un excellent sandwich lors de notre premier jour sur l’île. Ce sont eux qui nous avaient filé les coordonnées du logement dans lequel nous sommes aujourd’hui, donc on passe leur dire merci et on en profite pour reprendre un excellent sandwich que nous dégustons sur la plage.

En repartant, un peu de shopping maillot pour Marie s’impose, il faut dire qu’on leur mène la vie dure ici : ils sont portés tous les jours !

L’après-midi, nous nous mettons en route vers la Pointe des Châteaux, afin de trouver une petite crique pour être à l’aise. Nous finissons par trouver une petite plage de sable blanc, sous le vent (qui rafraîchit et qui fait du bien) avec une vue sur la Pointe des Châteaux et l’île de La Désirade… Plutôt pas mal !!

Fatigués de cette journée, nous espérions prendre enfin une bonne douche d’eau chaude… mais nous obtenons difficilement les dernières goutes d’eau (froide) : coupure d’eau, à nouveau ! On pensait vivre ce genre d’aventure au milieu de l’Amérique du sud ou en Asie, nous la vivons en Guadeloupe 😊

Jour 136

Petite journée plutôt calme en ce dimanche 😊 On chill un peu et on profite de la terrasse du logement. On en profite aussi pour faire une lessive, vérifier les factures et autres démarches qu’on doit terminer de temps en temps.

Aux alentours de midi, on décide de succomber à cette habitude guadeloupéenne : nous descendons jusqu’à la rôtisserie de Sainte-Anne pour aller chercher un poulet rôti. Il sera accompagné d’un gratin de pommes-de-terre et d’un autre de giraumon, potiron local. Le tout est délicieux !

L’après-midi, nous tentons de nous faire une place sur la plage de Sainte-Anne, mais elle est noire de monde, nous préférons donc retourner du côté de Bois Jolan, plus à l’ombre, plus venteux, mais plus libre 😊

Nous continuons à découvrir la Guadeloupe à notre aise et c’est loin d’être fini ! Cette île est belle, riche et très agréable à vivre !